Sous ses airs innocents de produit dérivé retro, cet ouvrage est synonyme à mes yeux d'une des plus grandes déceptions de mon enfance.

 

castorjuniors

J'étais alors une innocente petite chose, abreuvée de cassettes d'Henri Dès et de séries animées dont La bande à Picsou faisait partie. Je portais une admiration toute particulière à Riri Fifi et Loulou qui, sous leur air niais de poussins hypercéphales, sauvaient sans cesse leurs tâcherons d'oncles Donald et Picsou et ce  grâce à une chose : le manuel scout des Castors juniors.

Grâce à lui ils savaient allumer un feu sans allumettes, faire des bandages sophistiqués ou encore se repérer dans les bois grâce aux étoiles ou à la mousse des arbres. Aussi quelle ne fût pas ma joie lorsque j'en découvrit un exemplaire dans les tréfonds mystérieux de l'armoire de ma grand-mère. Je me voyais déjà déchiffrer des codes secrets, partir à la chasse aux trésors avec ma soeur et mon cousin (mes oncles étaient moins dispos que le vieux Picsou), ou sauver la veuve et l'orphelin grâce à ma maîtrise de l'art subtil des bandages. Au lieu de quoi, je trouvai ça :

castorjuniors2

 

Des rubriques qui nous apprenaient à nettoyer des vinyles, conserver les vieux emballages cadeaux, faire des tatouages à des pommes ou faire un silo à fruits avec des collants : l'arnaque.

 

Ce qui ne m'a pas empêché, il y a deux semaines, de racheter ce tome 5 (dont je tire les photos) lors d'une visite en bonne compagnie d'une librairie d'occasion rennaise.

C'est moche de voir ce que peut nous faire faire la nostalgie quand on vieillit.