Ce roman, écrit par Michel Honaker, a été publié au cours de l'année 1992 dans la collection Cascade et lu par moi au détour d'un rayonnage du CDI du collège Michel Chasles, Epernon. Ce livre m'avait fait une forte impression à l'époque et je l'ai longtemps cherché, dans les brocantes ou les solderies, pour comprendre pourquoi.

Jusqu'à ce que Gobe-la-lune, qui sait décidemment tout faire, le sorte triomphant de sa bibliothèque, et me l'offre avec toute la générosité qu'on lui connait.

 

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Luther, un jeune homme aux cheveux noirs et de constitution fragile, intègre une importante académie de violon dirigée par la main de fer de l'inique monsieur Simpleton. Son statut de talentueux élève boursier lui attirera les foudres du directeur et du professeur Konius ainsi que du plus riche des élèves : Malcom. Heureusement, il pourra aussi compter sur l'appui de ses amis, Perry le petit rigolo et Fran la jeune élève intelligente et douée. (Comment ça, ça vous dit quelque chose ?)

Parfois, la nuit, résonne dans les couloirs une mystérieuse et envoutante mélodie. En se renseignant autour de lui, Luther apprend qu'elle proviendrait du prince Darkshore, un magnifique violon taillé dans l'ébène, mais qui serait maudit.

Le professeur Hyeronimus Chapel, un infirme bien enigmatique qui prend Luther sous son aile, semble en savoir beaucoup sur le sujet.

Ce dernier personnage est de loin mon préféré.

Sorte de maître Miyagi de la musique, il donne à son élève des exercices utiles à la pratique du violon comme faire le ménage en passant le balai ou faire des pompes la tête en bas sur une main. Et, surtout, il ne s'exprime qu'avec des métaphores un peu bidons. Par exemple, lorsque Luther se plaint de son vieux violon il réplique : "la musique n'est pas un diamant, elle n'a pas besoin d'écrin de luxe", ou lorsqu'il entend un musicien médiocre :"A défaut de roti, on mange du pain, l'important est qu'il soit servi avec générosité".

Afin de gagner le concours de l'académie, Luther se lance à la recherche du prince d'ébène, malgré les avertissements. 

Ce roman est bourré de défauts, particulièrement en ce qui concerne les dialogues, souvent maladroits et la structure du récit, s'attardant parfois sur des détails sans importance ou coupant net lors de passages qui mériteraient d'être développés (la fin notamment, est limite baclée tant l'auteur semble se délester de son histoire).

Pourtant, un charme indéniable se dégage de l'ensemble, en grande partie grâce à son ambiance un poil gothique et à l'amour que l'auteur semble porter à la musique et au violon en particulier. On suit avec plaisir les aventures de Luther et on se prend malgré tout à attendre le dénouement avec impatience (même si certaines questions restent en suspens).

Pas aussi marquant que dans mon souvenir donc, mais somme toute, assez sympathique.