Pfou... Pas facile de parler de ce livre.  Je l'ai terminé il y a quelques jours et je ne sais toujours pas quoi en penser. Ecrit par mon auteur moustachu préféré, Marc Twain, au début du XXème siècle, ce texte a été traduit à la truelle, censuré et livré tronqué à la population française. Jusqu'à il y a quelque mois où il a été réédité dans une version très fidèle à l'oeuvre originale. 

 

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L'histoire commence ainsi : nous sommes en Autriche, aux alentours de 1490, dans un chateau délabré qui sert de logis et de lieu de travail à une équipe d'imprimeurs dont fait partie le narrateur, un jeune homme de 16 ans timide et sans grande personnalité. Ils vivent avec la famille du propriétaire des lieux, leurs domestiques et un maître magicien.

Leur quotidien est chamboulé par l'arrivé d'un jeune garçon qui dit s'appeler n°44. Tout de suite prit en grippe par l'ensemble de l'atelier, il va subir un bizutage éprouvant sans broncher. Il va se lier plus ou moins d'amitié avec le narrateur avant de dévoiler peu à peu sa véritable nature. Vont s'enchainer alors des évennement étranges et surnaturels de plus en plus incroyables...

Les scènes défilent sans trop de logique ni véritable souci de trame narrative. Mark Twain est en roue libre et lire ce livre procure un peu la même sensation que de voir un enfant détruire des porcelaines à coups de boule de bowling. C'est jouissif, perturbant, illogique et salutaire à la fois.

Car l'auteur, ici, se fait plaisir à ne rien respecter, et je ne parle pas seulement de la structure anarchique de son récit. Ici, la religion, la superstition, les préjugés... en fait l'humanité dans son ensemble, en prend gentimment pour son grade. La fin, en particulier est aussi surréaliste que nihiliste.

Et peu importe que l'histoire soit difficile à suivre, peu importe que la gouaille de son yankee d'auteur colle mal à la renaissance autrichienne, ce roman donne un grand coup dans la fourmillière de l'époque et certains de ses thèmes restent encore d'actualité.

On comprend aisément pourquoi ce livre fût censuré et, même si il est loin de détronner Huckleberry Finn à mes yeux (ça manque de radeaux, de pipes en maïs et de bateau à aubes tout ça), je suis heureuse d'avoir eu l'occasion de le découvrir : il n'en existe problablement aucun d'approchant.